"Barbarie ignoble du terrorisme"

Attendez le téléchargement s.v.p. 16 photos déchirantes sur ce cruel évènement.

«Seulement les lâches s'en prennent aux plus faibles .»

Premier septembre 2004

Un groupe de ravisseurs a tenu en otage

plus de 1300 personnes à Beslan, petite localité de l'Ossétie du Nord en Russie.

336 morts et plus de 700 blessés.

 


DES ENFANTS COMME LES AUTRES

 

Tatiana est heureuse, ce matin-là !

Comme il fait beau aujourd'hui pense t'elle pour sa première journée d'école , 
elle va mettre pour la première fois ses petits souliers rouges, 
tout nouveau, offert par sa grand-mère.

En plus, elle est toute énervée car, cet après-midi, non seulement il n’y a pas d’école, mais c’est son anniversaire. Toutes ses amies viennent manger le gâteau au yaourt. Maman a mis des banderoles au plafond et, dans des petits paniers, il y aura des ballons, des sifflets,

Vous pensez ! 

Dix ans cela se fête.

 Tatiana sait bien que ses parents se sont privés beaucoup ces derniers mois, pour lui faire une vraie fête.  Dans son cœur, elle leur dit un grand merci.

« Vite, vite, je suis en retard ! » dit papa qui est déjà au volant de leur vieille guimbarde, qui ne fonctionne encore que parce qu’elle conduit Tatiana, la plus jolie des petites filles du village !

 Enfin c’est papa qui le dit et maman est très sérieuse pour ne pas dévoiler le secret.

« Voilà, voilà je suis là ! »

La voiture tousse un peu. Puis elle se met en route pour aller, pas très loin, à quatre pâtés de maisons. Les autres enfants sont déjà dans la cour de l’école et papa, vraiment en retard, donne rapidement un petit baiser sur le front de Tatiana.

Elle ne prend pas le temps de lui répondre, ses amies attendent pour parler de l’après-midi. Elles entrent dans le couloir, ôtent leurs bottes ou leurs sabots pour enfiler les bons chaussons bien chauds que leurs mamans ont tricotés et qui restent à l’école pour que le matin, ou après la récréation, les enfants aient les pieds bien au chaud.

Et puis tout va très vite. Tatiana et ses amies ne comprennent pas ce qui arrive. Des cris, des hurlements d’enfants, de parents encore dans l’école. La cloche n’a pas encore sonné. Maintenant des coups de feu, des cris, des ordres donnés avec des voix rudes. Pourquoi sont-ils en colère, ces hommes ? Ici c’est notre école, pas la réunion des chefs du village !

Tatiana se retrouve poussée dans une pièce qui n’est pas sa classe, avec des garçons et, très étonnant, des parents ! Les hommes qui crient fort leur disent de s’asseoir et, surtout, de ne pas parler. Tout cela est dit en pointant des armes vers les enfants, vers les maîtresses, vers les parents, tétanisés, les yeux exorbités de l’horreur qu’ils voient venir mais qu’ils ne veulent pas montrer aux enfants.

Un jour. Une nuit. « Pipi ! » « J’ai soif ! » 
« Je veux mon papa et ma maman ! » 
Et, chaque fois qu’un enfant parle, il est repéré, il reçoit un coup de pied et des injures.
Ils voudraient tellement pouvoir se blottir dans les bras des adultes qui sont là !

C’est vrai !

Des papas, des mamans, c’est fait pour consoler, pour donner des baisers.

Les maîtresses grondent, mais elles ne sont pas méchantes !

Un autre jour. Une autre nuit.

 Les hommes méchants commencent à s’énerver, à se disputer entre eux.

Tatiana entend : « On doit les flinguer tous ».

C’est quoi flinguer ? Il faudra qu’elle demande aux grands.

Mais Tatiana n’a pas le temps de finir sa pensée ni de regarder Zinaïda, son amie la plus proche.Tatiana est partie dans un monde pour enfants. Presque toutes ses amies vont la rejoindre, tandis que les parents sont partis dans leur monde à eux !  Elle ne sait pas que, dans le monde d’en bas, tous s’activent à retrouver un disparu, un parent, un voisin. 

Zinaïda est juste un peu touchée au bras mais toujours avec sa famille.

Merci Messieurs les Présidents.

Merci les organismes internationaux pour ceux qui restent : 
ils ont besoin de vous, ils ont besoin de tout.
Dieu miséricordieux ! Sainte Vierge Marie, Pourquoi ?
 À quoi ça sert, à qui, à quoi ça va servir ?
Qui nous les rendra nos enfants, nos parents morts dans cette tuerie ?
 Pendant trois jours et trois nuits, tant de questions sans réponses, la soif, la peur,…

Un monceau de fleurs, de photos.

Des parents vêtus de noir, apportent des bouquets de fleurs et déposent des bouteilles d’eau, en hommage à Tatiana et à toutes les victimes de cette prise d’otages qui n’ont pas pu boire pendant cinquante-trois heures ! Les hommes qui criaient les ont empêchés de tout faire, sauf de se taire et de rester là, attendant de partir à l’abattoir !

Nikolaï, le papa de Tatiana est là, devant ces hommages, pensant qu’il aurait dû prendre quelques secondes de plus pour lui dire : « Je t’aime, petite Tatiana ».
Anna, sa maman, ne peut et ne veux pas retirer toutes ces jolies banderoles qu’elle avait mises pour l’anniversaire de Tatiana. Sur l’une d’elle est écrit :Dix ans, Tatiana !. 
BON ANNIVERSAIRE !

Mais Tatiana n’est pas là pour le lire. 
Elle ne pourra plus bâtir un avenir de rêves 
peuplé de princesses et de princes, avec ses amies !

Mon cœur de femme pleure.
Mon cœur de mère est déchiré. 
Tatiana est MORTE, Messieurs les Présidents !
Vous savez ce que cela veut dire ?   
 Moi je n’ai plus envie de l’écrire.
Mais vous, qui avez l’habitude de ces horreurs, 
quand allez-vous vous réunir et trouver un moyen pour que nous, 
les pauvres gens sans pouvoir, n’ayons plus à clamer :

PLUS JAMAIS CELA ! PLUS JAMAIS !

ENTENDEZ-VOUS ?

Cœur d’amour s’associe à toutes les familles mutilées

Par la perte d’un des leur pour crier haut et fort :

PLUS JAMAIS CELA ! PLUS JAMAIS !

Page crée le 8 septembre 2004

 

 

                    Merci d'être là ! Je vous aime !  Pierrette Coeur d'Amour